Il ne faut pas ignorer le rôle prépondérant des agriculteurs dans l’occupation et la gestion du territoire. La France est belle et elle le doit en grande partie aux agriculteurs.
Même si l’agriculture est variée, elle est une et doit le rester. Chaque système agricole s’enrichit des autres systèmes en faisant évoluer les autres approches. Comme le projet UDF nos différences doivent enrichir le débat et non pas diviser bien au contraire.
Par contre la profession agricole doit reprendre sa place dans les différentes filières c’est-à-dire ne plus subir mais être l’acteur majeur. Un rééquilibre entre l’amont et l’aval est vital pour les agriculteurs. Sur ce point, le consensus a été au rendez-vous.
La mondialisation ne peut être ignorée en France. En effet, la France est le 2ème pays exportateur de denrées agricoles au monde juste derrière les Etats-Unis. La dimension européenne de la politique agricole doit continuer d’être prépondérante. La diversité des agricultures européennes est une évidence. Pour autant les négociations à l’échelle mondiale ne doivent pas se faire, pour l’Europe, en ordre dispersé. C’est pourtant ce qui se passe à l’heure actuelle. L’Europe agricole doit parler d’une seule voix pour réellement peser face aux autres grands pôles économiques (ALENA, MERCOSUR…) sous peine d’être inaudible.
Au-delà des modèles agricoles, les agriculteurs ont des attentes sur les organisations professionnelles qui les accompagnent. Comment faire pour que les organisations agricoles soient à la fois plus efficaces sans perdre en proximité et en représentativité ? Une redéfinition des rôles des uns et des autres a été mise en évidence. Ceci pour différentes raisons : un risque de disparition de certains organismes souvent utiles dans leur rôle fondateur et un gaspillage de financement.
La plupart des intervenants ont souhaité resituer cette donnée d’actualité dans un contexte plus global. Tout d’abord, l’autosuffisance énergétique sera un des enjeux majeurs des rapports de force du monde de demain. L’énergie produite par l’agriculture peut donc être une réponse. Néanmoins, les biocarburants ne sont qu’une réponse parmi tant d’autres, sans omettre que nos surfaces agricoles actuelles ne sont pas suffisantes pour produire tout le volume d’énergie nécessaire. Un problème de conscience se pose aussi : à l’heure où une partie de la population mondiale continue de mourir de faim, brûler des céréales dans une chaudière pour se chauffer est-il une réponse morale ?
Les biocarburants ont peut-être aujourd’hui un coût de revient discutable. Pour autant, le raisonnement à long terme implique d’y travailler dès aujourd’hui pour ne pas nous compromettre demain.

Lundi, Alexis GOURVENNEC nous a quitté.
