Jean-Christophe Lagarde : "Tout change le 22 au soir !"
Jean-Christophe Lagarde était l'invité de l'émission de Radio Monte-Carlo, Les Grandes Gueules. L'occasion de revenir sur la suppression de l'ENA. Ces élites qui s'auto-entretiennent. L'oxygène dont le système a besoin. La légitimité de la candidature de François Bayrou. Commenter les sondages dont plus personne ne fait grand cas. De parler aux auditeur de RMC de la dette qui nous menace. Du projet alternatif de François Bayrou. Une heure d'interview coup de poing !
La suppression de l'Ecole nationale d'administration est pour Jean-Christophe Lagarde une nécessité. François Bayrou l'a évoquée alors qu'il était en voyage en Outre-Mer. C'est une école ù l'on trie les élèves à vingt ans et qui deviennent une caste. Ils se voient entre eux, se reproduisent entre eux. Dominique de Villepin, Ségolène Royal, François Hollande sont sortis de l'Ecole nationale d'administration. Ces gens sont destinés à diriger le pays. Mais pourquoi seulement eux, se demande le député de la Seine-Saint-Denis. François Bayrou veut remplacer cette école par une autre sorte d'école qui ne serait consacrée qu'au services publics. Par ailleurs, une question se pose en annexe de la suppression de l'Ecole nationale d'administration, c'est l'âge limite de participation aux concours de la fonction publique. Pourquoi au-dessus de quarante-cinq ans deviendrait-on inadmissible ? On a bien plus besoin d'expérience dans les postes à responsabilités que dans tous les autres, affirme-t-il.
L'Ecole nationale d'administration reste aujourd'hui une affaire de « caste ». Dix mille personnes en France qui se partagent le pouvoir. François Bayrou martèle depuis plus de deux ans maintenant que l'on ne peut plus continuer de la sorte. Effectivement, quand des personnes sorties de cette école consacrent dix ans de leur vie au service de l'Etat, dix années à se construire un beau carnet d'adresses, elles vont aussitôt le vendre dans le secteur privé. C'est ce que l'on appelle le pantouflage. Il est temps d'y mettre fin. De plus, comment ne pas soupçonner ceux qui dirigent l'Etat de collusion avec les dirigeants des grandes entreprises quand ils proviennent des mêmes milieux, des mêmes castes.
Les énarques devraient être à la disposition des hommes politiques. C'est de leur expertise sur des dossiers que nous avons besoin. Mais à la fin des fins, c'est le politique qui tranche, pas le technicien. Et l'idée de faire venir des gens du secteur privé dans les administrations sans qu'ils aient à passer un concours pourrait aussi être à étudier. Cela implique évidemment un changement des mentalités que seule l'élection de François Bayrou pourrait provoquer. Ces gens pensent tous trop la même chose. Il faut de la diversité. Oxygéner la société française.
Dans chaque école, sur tout le territoire, l'on doit appliquer des parcours d'excellence. On doit veiller aux élèves qui s'engagent dans une stratégie de réussite. Autrefois, les maîtres repéraient ces enfants doués et bien souvent les poussaient vers chaque strate de réussite. Il faut en revenir à ces filières d'excellence, dans les petits villages et en banlieues. Les meilleurs, partout en France, doivent pouvoir réussir. L'Ecole nationale d'administration personnifie le contraire de cet idéal républicain.
Quant aux sondages, le maire de Drancy conseille à ses interlocuteurs de lire ou relire l'article du Canard enchaîné. Les sondages, explique-t-il, sont commandés pour faire vendre du papier, monter les audiences des chaînes de radio ou de télévision. Les seuls sondages qui intéresse Jean-Christophe Lagarde sont ceux qui permettent de mesurer sur le terrain, à chaque réunion publique, l'intérêt de la population française. Chaque parlementaire qui va au contact de la population pourrait rapporter le même engouement. Aujourd'hui, Jean-Christophe Lagarde préfère s'en tenir aux milliers de contacts qu'il aura pu nouer durant toute cette aventure électorale.
La dette, le sujet principal de François Bayrou dans cette campagne, est depuis quelques jours balayée au profit de sujets qui masquent la réalité du gouffre économique français, veut réaffirmer Jean-Christophe Lagarde. Nous en sommes à deux pour cent de croissance, qui ne nous suffit pas pour créer une dynamique positive de création d'emploi. Il souhaiterait que l'on pense un peu plus à nos enfants et nos petits-enfants qui auront à supporter ce poids incroyable d'une dette de près de deux mille milliards d'euros si l'on accumule les déficits sociaux et la dette structurelle de la France. Notre économie ne se portera que d'autant plus mal si on continue à exonérer de charges à soixante dix pour cent les seules entreprises du CAC 40.
C'est pour cette raison que François Bayrou propose de supprimer les niches fiscales. Les strates administratives successives, par exemple le département et la région, doivent fusionner afin de pratiquer des économies d'échelle. Jean-Christophe Lagarde s'étonne aussi de petites dépenses par-ci, par-là qui grèvent le budget général de la France, comme la multiplication des canaux linguistiques d'une chaîne de télévision récemment créée. Toutes ces propositions figureront dans le projet distribué à quinze millions d'exemplaires dans toute la France. Il sera aussi disponible en format PDF sur le site
www.bayrou.fr en téléchargement.
Parmi ces mesures, bien évidemment les deux emplois sans charge pendant cinq ans, sauf dix pour cent pour le financement des retraites. L'artisanat le réclame depuis belle lurette, selon le député-maire de Drancy. Évidemment que François Bayrou n'a pas de baguette magique. Mais la France est comme un jumbo-jet, dit-il. Il plonge. Avant de le faire remonter, on doit le stabiliser. Il remontera ensuite. Cela se fera avec des personnes venant de tous horizons, qui ne peuvent encore se découvrir.
Le journal Le Monde a peut-être oublié en titrant sur l'effet-Bayrou passé, que les Français votent, qu'ils sont les maîtres de l'élection. Les médias font tout pour que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal se retrouvent au deuxième tour, pour continuer comme avant, la bonne vieille bipolarisation. Jean-Christophe Lagarde tient à saluer le ralliement de Gilles de Robien, ex-ministre de l'Education nationale à Nicolas Sarkozy. Il ne s'était de toute manière jamais rangé derrière François Bayrou et lui avait préféré Dominique de Villepin. Comme Jean-Louis Borloo qui écrit un livre pour dire qu'il n'est pas d'accord avec l'ex-ministre de l'intérieur et se rallier à lui quelques jours plus tard, sans doute en négociant un poste de premier Ministre. Ce n'est pas cette conception-là de la politique que se fait Jean-Christophe Lagarde. Il sait qu'il peut perdre son poste de député, mais il suivra François Bayrou jusqu'au bout.
Parce que ce que propose François Bayrou, ce n'est pas de changer d'acteurs, mais de changer le film. Aujourd'hui, les gaullistes-sociaux, les sociaux-démocrates sont prêts à travailler ensemble. Pour peu qu'ils acceptent le projet de François Bayrou, conclut Jean-Christophe Lagarde, la majorité à l'Assemblée nationale en cas de victoire de François Bayrou, est assurée.
RMC Info
Jean-Christophe Lagarde dans l'équipe de François Bayrou